Adieu

Notre Dame de Paris est une partie de moi comme de toutes et tous qui sont ou ont été parisien/nes. J’allais écrire quelque chose, j’ouvre le doc et trouve cette poignée de mots. Hasard ? Prémonition ? Je n’ai pas de souvenir de les avoir écrit.

 

Ce soir ça brule

mais il y a des étoiles

pour tout le monde quand-même

et loin dans la mare les rainettes

commencent à chanter.

Haiku bis repetita

Daily haiku practice, stretching it a bit further.

 

Il pleut des cordes d’eau

des cours des rivières peignent

l’herbe argenté

 

chouette tu cri

les notes tremblent comme pluie

sur les roseaux

 

fossés débordent

d’hiver coulent comme printemps

an avant-goût

*

rain falls in sheets

tressed water rivers comb

the silvery grass

 

owl you call

the notes trembling like rain

on wintry sedge

 

ditches flood winter

run like spring

a foretaste

Ce soir de nuages

 

Ce soir de nuages,

qui cachent des seaux

d’eaux et de grêlons,

et cette lune a moitié mangée,

rongée par l’espace,

je te cherche dans les ombres mouvants,

argentés et sombres,

et j’écoute le vent,

trie les sons sauvages

pour un note de flute argenté,

qui serait ton dernier mot,

que le flot emporte,

la houle de nuit encre,

le sifflet du dernier train.

 

This night of cloud

that hides pails of rain

buckets of hail

and a half-eaten moon

balloon nibbled by space,

I look for you in the moving shadows

silvery sallows,

and I listen to the wind,

unwind the wild sounds

for a silvery flute note—

your final word floats

snatched by the tide,

the flood of night-ink,

that drinks up

the whistle of the last train.

Once, il fut un temps

I wrote this poem and translated it into English. For the dverse open link night. I don’t often write poetry in French. Just occasionally one comes out like that.

 

Ces jours-ci,

la lumière m’aveugle,

trop dorée, trop silencieuse,

pensées flottent ou se noient

parmi les grains de poussière

là où, il fut un temps,

il y avaient des oiseaux.

Á la fin, c’est la nuit,

ailée de noir comme l’océan

qui couvrira ces yeux

d’écailles, éclats

de poisson-étoiles

et tous ces jours

de lumière aveuglante

s’éteindront dans le douceur

de l’infinie.

 

These days,

the light blinds me,

too golden, too silent,

thoughts sink or swim

among the dust motes

where once there were birds.

In the end, night,

black-winged as the ocean

will cover these eyes with scales,

splinters of fish-stars,

and all those days

of blinding light

will fade away

in the softness of infinity.